Le Brexit entérine de fait le retour des procédures douanières comme pour n'importe quel autre pays extra-européen.
Le Brexit entérine de fait le retour des procédures douanières comme pour n'importe quel autre pays extra-européen.
L'avis de l'expert

En faisant une croix sur son appartenance à l'Europe, le Royaume-Uni renonce aux accords de libre échange et à l'absence de barrières douanières. Suffisant pour redistribuer les cartes du transport routier de marchandises (TRM), vers et au départ des îles britanniques. Une interview de Ghislain Fernandez, directeur de pôle GEODIS Road Transport.

Le marché britannique du TRM est connu pour sa singularité. Pourquoi ?
GF :
Comme dans toute économie insulaire, le niveau des importations est plus élevé – en valeur et en volume – que celui des exportations. Donc, avant même l'épisode du Brexit et des effets qu'il induit, ce marché se caractérise par un déséquilibre de flux, les opportunités de rechargement vers le continent étant limitées. D'où le défi de rentabilité qu'il impose à un transporteur continental. Pour autant, c'est un marché qui compte en Europe. Un Groupe comme GEODIS comptabilise chaque année 27 000 prestations de transport en aller-retour vers le Royaume-Uni, qui est au passage le troisième client européen de la France.

Comment la situation va-t-elle évoluer une fois la procédure du Brexit engagée ?
GF :
Il faut rester prudent sur les scénarii, d'autant qu'aux incertitudes liées à la décision des Britanniques – quelles nouvelles modalités d'échanges avec le continent ? – s'ajoute l'hypothèse d'une année de transition politique dans plusieurs pays – États-Unis, Pays-Bas, Allemagne et France notamment. Les économistes sont par contre unanimes sur la dévaluation de la livre, qui risque d'accentuer le déséquilibre qu'on évoquait. En réaction à la situation monétaire, les groupes internationaux – industriels notamment – seront tentés de relocaliser une partie de leurs activités ou de leurs services sur le continent. Dans ces conditions, la part de flux retour se réduira encore.

Quels seront les impacts sur un flux en provenance ou à destination du Royaume-Uni ?
GF :
La décision entérine de fait le retour des procédures douanières comme pour n'importe quel autre pays extra-européen. Entre l'enregistrement en sortie du pays exportateur et le dédouanement à l'arrivée, chez l'importateur, cela peut prendre de 20 minutes à 3 heures par trajet. À cet allongement du temps de transit s'ajoutera le coût des formalités douanières, qui auront nécessairement une influence sur les prix du transport.

Quelles alternatives s'offrent aux chargeurs ?
GF :
Ils pourront se tourner vers des prestataires de transport en mesure de parer aux deux tendances qui se dessinent : des partenaires capables d'absorber une augmentation d'activité liée à ce transfert d'activité, tout en restant compétitifs sur l'approvisionnement du marché britannique. C'est le cas de GEODIS Road Transport. Sa large couverture européenne, dans une vingtaine de pays, lui permet, d'une part, de faire face à de fortes variations de volumes ; ses investissements sur des services de niche – douanes, lots partiels, etc. – apportent, d'autre part, des solutions performantes pour approvisionner le marché britannique.
 

Crédits photo: 

R. Gosch

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